26 septembre 2026

Notre histoire

On s'est vus la première fois à Nkoldongo, un samedi de juin 2019, dans un maquis où Nadège fêtait la soutenance d'une amie. Boris était venu pour le poisson braisé et il est resté pour la conversation. Elle lui a demandé ce qu'il faisait dans la vie ; il a répondu qu'il réparait des groupes électrogènes. Elle a ri : le sien était en panne depuis trois semaines. Il a réparé le groupe. Puis le portail, puis la pompe de la cour de sa mère à Mbalmayo. Pendant six ans on les a vus arriver ensemble aux baptêmes, aux deuils, aux réunions de famille du samedi. Nadège a fini son école de commerce et ouvert son atelier de couture derrière le marché ; Boris a monté son garage à Nkolbisson. Ils ont appris à compter à deux. Un soir de décembre, au belvédère du mont Fébé, pendant que Yaoundé s'allumait en contrebas, Boris a posé un genou par terre et sorti un écrin. Nadège a mis les deux mains devant sa bouche et n'a rien dit pendant dix bonnes secondes. Elle jure aujourd'hui qu'elle avait deviné ; lui jure qu'elle avait deviné aussi, mais qu'elle a très bien joué la surprise. Le douze juillet, la famille de Boris est arrivée à Mbalmayo avec la calebasse et le panier de kolas. Les anciens ont écouté, ils ont posé leurs questions, et ils ont dit oui. Le pagne, c'est Nadège qui l'a choisi, seule, au fond de l'allée du marché : bordeaux et or, un motif de feuilles, six yards par maison. Le reste, vous le connaissez : la mairie, l'église, la salle. Venez comme on vient chez soi — à l'heure, en pagne, et avec l'appétit.

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